C'est ma sœur, Marie-Michèle LUCAS, artiste plasticienne, qui donna le nom d'Hermaï à des structures de pierres disposées dans la nature. Ces installations minérales, souvent figées dans un équilibre d’une fragilité singulière, sont à rapprocher des cairns et autres monticules jalonnant le bord de nos sentiers. Elles sont les ancêtres des bornes kilométriques qui identifient aujourd'hui nos voies et précisent les distances. Elles prennent, très prosaïquement, la fonction de repères et d'indications géographiques pour dire : par ici je suis passé, par là est mon chemin et vous pouvez le suivre…

Déposer une pierre, geste simple autrefois, pour invoquer la protection du dieu Hermès qui présidait, entre autres, à la bonne et saine circulation des pérégrins sur les routes. La tradition juive voit aussi le voyageur ami déposer sur la sépulture de la personne disparue, une pierre. Pour ceux qui ont arpenté les allées du cimetière Juif de Prague, la symbolique religieuse de la pierre posée est d’une poésie visuelle étonnante.

Les land artistes se sont emparés de cette gestuelle primitive pour intervenir de manière éphémère et douce dans le paysage (Richard LONG, Robert SMITHSON, Andy GOLDSWORTHY, Nils UDO…). Leurs oeuvres, d'une beauté incomparable, magnifient de petits territoires.

De mes Hermaï, de ces installations chancelantes, ne reste sans doute aujourd'hui que la photographie. Elle garde la trace de mes pas au loin.

 

PL - décembre 2019

  

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