Ils peuplent le garage de mon père. Tapis dans l'immobilité des jours, les outils s'estompent peu à peu et gagnent les territoires de l'oubli. La main de ne les caresse plus, l'ouvrage a disparu. Ils sont figés dans une retraite de rouille et de poussière. Finis le fracas des marteaux, le sifflement des scies, le gémissement des tournevis, le feulement des limes, le tintement des clés...

Je dois sourire de mes nostalgies : je n'ai jamais été bricoleur. Alors, les  objets suspendus, se détachant sur les murs du garage familial, s'affichent et dansent et renaissent. Une légèreté passagère, la fragile persistance des outils de mon père.

PL - février 2019

 

la mémoire suspendue : GALERIE

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